La polémica decisión de Mohammed VI divide a los musulmanes en Ceuta y Melilla
En Melilla et Ceuta, l’appel du roi Mohammed VI, commandeur des croyants, à ne pas sacrifier de moutons pendant l’Aïd Al-Adha cette année, reçoit un écho favorable mais certaines voix se font entendre.
"Ceuta, en tant que ville espagnole, doit-elle se conformer à une décision prise par le pays voisin ?", se demande Abdelkamil Mohamed, président de l’Association des Résidents du quartier Príncipe Alonso - quartier musulman de la ville - dans une tribune publiée dans le journal El Faro de Ceuta. Il poursuit : "Ou devrait-elle suivre les directives religieuses fixées par le Conseil islamique et les oulémas qui suivent directement le calendrier de La Mecque ?", comme le font la grande majorité des musulmans sunnites. À l’en croire, les avis sont très partagés dans sa ville. "Le débat n’est pas seulement religieux, mais aussi identitaire", souligne-t-il. Ce qui le pousse d’ailleurs à poser la question suivante : "Les musulmans de Ceuta sont-ils Marocains, Espagnols ou quelque chose d’intermédiaire ?"
L’Association des Consommateurs Halal (Acoha), est dirigée à Ceuta par Abdelmalik Mohamed Amar, un entrepreneur local réputé proche des autorités marocaines. Depuis Acoha, s’aligne derrière Abdelkamil Mohamed. Depuis Acoha, il a été affirmé que l’annonce du souverain marocain "s’adresse à ceux qui se revendiquent musulmans" et "ceux de Ceuta sont incités à "agir en conséquence". "Il n’est pas très logique de suivre les directives d’un pays situé à 6 000 kilomètres [l’Arabie saoudite] alors que nous en avons un autre juste au coin de la rue", ajoute l’association. Pour les porte-paroles d’Acoha, "il s’agit aussi d’être solidaires avec les musulmans proches", comme ceux du Maroc. La Commission Islamique d’Espagne, organe de représentation officielle des musulmans espagnols, ne suit pas le Maroc. Elle suit plutôt le modèle saoudien.
Dans un communiqué, la Communauté musulmane de Melilla, une association minoritaire dirigée par Mohamed Ahmed, a indiqué que "la majorité des musulmans de Melilla partage la vision du Commandeur des Croyants [Mohammed VI, qui est aussi chef spirituel des Marocains] et considère que la mesure est sensée". Sauf que lorsqu’on demande aux représentants dans les deux villes de la Commission Islamique d’Espagne, l’organe officiel de représentation des musulmans, s’il faut suivre l’appel du souverain marocain, ils éludent la question. "Il est compliqué de donner une opinion sur ce sujet. Il est encore trop tôt pour se prononcer, car il reste plus de deux mois avant la fête", a déclaré à la presse locale Hamido Mohamed. Son collègue, de Melilla, Farid Ben Haddi, reste pour l’instant assez silencieux sur le sujet.
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